Du 10 au 29 août 2026 | Secteur de Bahema-Sud

Une séance de travail réunissant les différents acteurs autour du dossier à Kasenyi.
| POINT CLÉ : La mission du 29 août 2026 a porté sur l’identification des ménages concernés et la clarification des limites du cimetière public KINGOVE, dans une démarche d’accompagnement des efforts de l’État. |
Une situation préoccupante autour d’un espace public destiné aux sépultures
Dans le Secteur de Bahema-Sud, à Kasenyi, les autorités administratives poursuivent le traitement d’un dossier sensible lié à l’occupation irrégulière d’une partie du cimetière public KINGOVE et à la profanation de tombes.
La situation s’inscrit dans un contexte plus large de différend autour des limites opposant le Groupement Beziya et le Groupement Bagungu. Toutefois, les descentes effectuées sur le terrain ont principalement porté sur la situation du cimetière public, notamment sur l’identification des espaces concernés et des ménages qui y ont acquis ou occupé des parcelles.
Selon les constats effectués lors des descentes de terrain, certaines parcelles situées dans l’espace du cimetière public KINGOVE auraient fait l’objet de transactions irrégulières. Des ménages y ont ensuite construit des habitations.
Cette situation soulève des préoccupations importantes concernant le respect de l’affectation du site, la protection des lieux de sépulture et la nécessité de prévenir de nouvelles tensions au sein de la communauté.
Le dossier est notamment examiné au regard du cadre légal foncier en vigueur, notamment de la Loi N°73-021 du 20 juillet 1973, modifiée et complétée par celle du 30 décembre 2025, en particulier son article 10.
Une première descente administrative les 10 et 11 août
Face à cette situation, l’Administration avait effectué une première descente sur les lieux les 10 et 11 août 2026, afin de constater la situation du cimetière KINGOVE et de recueillir les éléments nécessaires à la poursuite du dossier.
Cette démarche a constitué une première étape dans la clarification de la situation sur le terrain.
Le 29 août 2026, une nouvelle descente a été organisée avec l’accompagnement technique du Centre de Résolution des Conflits (CRC), organisation non gouvernementale qui accompagne les efforts de l’État dans la recherche de solutions aux conflits et problèmes communautaires.

Les participants réunis lors des échanges sur le dossier.
Le CRC accompagne les efforts de l’État
Lors de cette mission, le CRC a réaffirmé l’importance d’une approche concertée et respectueuse du cadre légal pour traiter cette situation.
S’exprimant au nom du CRC, le Directeur de Programme, Urbain Nobirabo, a salué l’engagement de l’État dans le traitement de ce dossier et a rappelé un principe de prudence en matière d’acquisition foncière :
| « Ceux qui ont acheté savent que celui qui achète mal perd son droit. » |
Urbain Nobirabo, Directeur de Programme du CRC.

Un participant prenant la parole pendant les échanges.
Identifier les ménages et clarifier les limites du cimetière
La mission du 29 août avait notamment pour objectif de procéder à l’identification des ménages concernés par les acquisitions ou occupations de parcelles dans l’espace du cimetière.
L’équipe a également travaillé à la délimitation de la partie correspondant au cimetière public KINGOVE, afin de disposer d’une base plus claire pour la suite du processus.
Cette étape vise à permettre aux autorités compétentes de mieux apprécier la situation et de déterminer les mesures appropriées.

Les acteurs en séance de travail et d’observation sur le terrain.

La mission se poursuit sur le terrain à Kasenyi.
Une solution à rechercher dans le respect des personnes et de la loi
À ce stade, le dossier reste en cours de traitement. La prochaine étape annoncée consiste à examiner les possibilités de prise en charge de la situation des ménages concernés, notamment à travers une réflexion sur leur éventuelle relocalisation sur d’autres terrains.
Cette perspective devra être examinée par les autorités compétentes, en tenant compte à la fois du respect de l’espace réservé au cimetière, du cadre légal applicable et de la situation des ménages concernés.
L’objectif est d’éviter que la recherche d’une solution ne crée de nouvelles tensions et de privilégier, autant que possible, une démarche concertée et pacifique.

Échanges entre les acteurs au cours de la mission.
Une démarche qui s’inscrit dans la consolidation de la paix
Au-delà de la question foncière, le dossier de KINGOVE met en évidence l’importance d’une gestion préventive des conflits liés à la terre et aux espaces communautaires.
Pour le CRC, la consolidation de la paix demeure une priorité. L’organisation entend poursuivre son accompagnement aux côtés des autorités et des acteurs locaux afin de contribuer à la recherche de solutions pacifiques, durables et conformes au cadre légal.
La mission menée à Kasenyi constitue ainsi une étape du processus. Les prochaines actions devront permettre de poursuivre la clarification de la situation, d’examiner les options disponibles et de favoriser une solution permettant de préserver à la fois la dignité des lieux de sépulture, les droits des communautés et la cohésion sociale.

Les membres de la mission réunis lors des activités de terrain.

Observation et échanges avec les acteurs locaux.

Des acteurs impliqués dans la mission de suivi du dossier.
Conclusion
Le traitement du dossier KINGOVE illustre ainsi l’importance de la collaboration entre les autorités publiques, les acteurs locaux et les organisations d’appui dans la prévention et la résolution des tensions communautaires.